Passé – 2 – activité 17

Comme le montre Aurora Fragonara, un récit ne préexiste pas, il est dû à l’activité créatrice d’un émetteur et au processus d’interprétation d’un destinataire.  « Ce processus de création implique une organisation, un schéma (et donc un modèle) que l’auteur-créateur met en œuvre au moment de la création, ce même modèle peut être intelligible ou pas pour un destinataire spécifique, selon les cultures« . Les schémas narratifs s’appuient sur des habitudes socioculturelles. Selon A. Fragonara,  » les structures subjacentes à un récit possèdent une valeur de vérité non pas parce qu’elles sont fixes et universelles, mais parce qu’elles sont partagées entre les auteurs et les lecteurs appartenant à une culture donnée. » Si relater constitue bien évidemment un acte universel, la manière de le faire peut aboutir à des écarts par rapport à la norme implicitement attendue dans une communauté donnée. Ce schéma se construit malgré tout sur une structure profonde du récit, qui forme le substrat de l’histoire.

Ce qui est en jeu dans le témoignage travaillé ici porte sur la relation chronologique des événements. La locutrice opère des va-et-vient entre les faits qui rend la lisibilité chronologique peu aisée pour un destinataire peu habitué à ce type de narration. Faire repérer aux As la structure implicitement attendue dans un récit les aidera à structurer leur récit face aux autorités notamment.

Pour aller plus loin :

-FRAGONARA, A., « Pour une relecture et un emploi cognitifs des schémas narratifs structuralistes », Pratiques [En ligne], 181-182 | 2019, mis en ligne le 30 juin 2019, consulté le 29 octobre 2020. URL : http://journals.openedition.org/pratiques/6024 ; DOI : https://doi.org/10.4000/pratiques.6024