Passé – 2 – activité 14

Tout récit d’évenements passés est toujours dû à l’activité créatrice d’un émetteur et au processus d’interprétation d’un destinataire.  Dans le récit qu’il fait, chacun reconfigure les événements qu’il a vécus en fonction de souvenirs et d’oublis, et tente de relier entre eux une succession de faits épars.  Mais les individus s’appuient aussi sur des modèles, des schémas de récits attendus par des interlocuteurs. Or les schémas narratifs s’appuient sur des habitudes socioculturelles distinctes d’une culture à l’autre. Selon A. Fragonara,  » les structures subjacentes à un récit possèdent une valeur de vérité non pas parce qu’elles sont fixes et universelles, mais parce qu’elles sont partagées entre les auteurs et les lecteurs appartenant à une culture donnée. » Si relater constitue bien évidemment un acte universel, la manière de le faire peut aboutir à des écarts par rapport à la norme implicitement attendue dans une communauté donnée.

Faire repérer aux As la structure implicitement attendue dans un récit, dans notre société, les aidera à structurer leur récit, face aux autorités notamment.

Pour aller plus loin :

FRAGONARA, A., « Pour une relecture et un emploi cognitifs des schémas narratifs structuralistes », Pratiques [En ligne], 181-182 | 2019, mis en ligne le 30 juin 2019, consulté le 29 octobre 2020. URL : http://journals.openedition.org/pratiques/6024 ; DOI : https://doi.org/10.4000/pratiques.6024