Passé – 2 Activité 5 – situer les éléments dans le temps

La compréhension de l’emploi de l’imparfait et du passé composé est souvent complexe pour les allophones. En effet, dans de nombreuses langues, cette distinction n’existe pas.

Il est fréquent d’opposer l’imparfait et le passé composé en considérant que l’imparfait exprime la durée et le passé composé, la rapidité de l’action; mais cette clé d’explication est contestable, le passé  pouvant exprimer une durée longue (J’ai vécu trois ans à Paris) et l’imparfait une durée courte (Hier, il faisait beau). Par ailleurs, l’imparfait est souvent présenté comme le temps de la description et le passé composé, celui de la narration des actions ; or, il est fréquent de trouver des textes où tant imparfait que passé composé sont acceptables. La nuance se situe donc à un autre niveau.

L’emploi de l’imparfait s’explique par le fait que le début ou la fin de l’action ne sont pas pris en compte dans le discours. L’aspect imperfectif saisit le processus de « l’intérieur », dans son déroulement, sans prendre en compte son début et sa fin, l’action est ainsi décrite comme étant en train de s’accomplir. Une clé d’explication consiste à montrer que l’imparfait présente des actions placées à l’arrière-plan, en toile de fond. Ces actions constituent des circonstances accessoires de la narration.

Le passe composé envisage l’action comme étant délimitée dans le temps par d’autres événements intervenant avant et après elle. L’aspect perfectif saisit l’action « du dehors », dans toutes les phases de son déroulement.  Ce temps permet ainsi de mettre des actions en relief, à l’avant-plan. Par ailleurs, l’indicatif passé composé, composé dans sa forme d’un auxiliaire au présent et d’un participe, est un temps qui exprime une incidence sur le présent de l’énonciateur.

Afin de faire comprendre cette distinction, les deux temps sont ici présentés de manière chronologique : dans un premier moment, l’arrière-plan de la vie des protagonistes, dans un second moment, un événement à l’avant -plan qui provoque une rupture et les effets de cette rupture sur la situation actuelle présentée dans une troisième étape.

Pour aller plus loin :

– BÉRARD, É., LAVENNE, C., Grammaire utile du français, Paris, Hatier, 1991.

– MAINGUENEAU, D., L’Énonciation en linguistique française. 1994, coll. « Les Fondamentaux », Paris, Hachette Supérieur, 1994 et 1999.

– de SALINS, G.-D., Grammaire pour l’enseignement / apprentissage du FLE, Paris, Didier/Hatier, 1996.

–  TOMASSONE, R., Pour enseigner la grammaire, Paris, Delagrave Édition, 1996.

– POISSON-QUINTON, S., MIMRAN, R., MALHÉO-LE COADIC, M., Grammaire expliquée du français ; Niveau intermédiaire, Paris, Clé International, 2002.