Ecole 4.9. – Le niveau de difficulté dépend du niveau des As

L’hétérogénéité est toujours présente dans une classe et il convient d’en tirer parti le plus souvent possible. En effet, depuis les années 90, les études montrent clairement l’avantage des groupes hétérogènes sur les groupes homogènes dans les profits que peuvent en retirer les élèves en termes d’apprentissage (confrontation de représentations différentes, conflits sociocognitifs, aspects formatif des erreurs, etc.).
Dans ce cas-ci, les sous-groupes sont exceptionnellement constitués d’As de niveau proche. Ces groupes seront formés en fonction de l’objet d’apprentissage qui va faire obstacle sur le plan linguistique pour les élèves. Philippe Meirieu parle à ce propos de groupes de besoin. Certains textes sont ainsi plus appropriés pour des élèves de niveau A2 (textes 1 à 5) et d’autres pour des niveaux B1 (textes 6 à 8). De cette manière, les As travaillent sur la lecture de textes ayant des niveaux de difficulté linguistique différents mais portant sur un sujet analogue. En fonction de la difficulté du texte, chacun a ainsi la possibilité de développer des compétences en lecture à son rythme. Selon Catherine David et Dominique Abry, des enquêtes ont montré que des As regroupés en fonction de la proximité de leur niveau linguistique appréciaient de se retrouver dans une situation qui les obligeait à réfléchir avec leurs pairs et qui stimulait leur apprentissage. Les As peuvent ainsi mutualiser leurs forces. Si cette approche est proposée pour cette activité de lecture, il reste cependant recommandé de privilégier l’hétérogénéité pour la plupart des activités.

Pour aller plus loin :

– DAVID, C., ABRY, D., Classe multi-niveaux et pédagogie différenciée, Paris, Hachette, 2018.

– MEIRIEU Philippe. L’école, mode d’emploi. Des méthodes actives à la pédagogie différenciée. Paris : ESF, 1985.