Objet-2-12-moment de partage

Le témoignage, tout comme le récit de vie, est une reconstruction subjective et arbitraire, puisque la vie n’est pas une histoire mais un mélange de hasards et de nécessités, de faits mis bout à bout qui n’ont pas nécessairement de liens entre eux. Le philosophe Paul Ricoeur considère le témoignage comme la recherche d’un sens, reconstruit a posteriori, à partir de traces. Mettre en récit des moments de sa vie, c’est mettre en perspective ce qui nous entoure, c’est chercher à comprendre les actes, les événements humains en les organisant, c’est mettre l’accent sur la capacité des êtres humains à modifier le cours des choses, à agir sur les événements, à être transformés par eux. C’est aussi s’interroger sur ce qui permet d’expliquer un comportement humain et sur les faits vécus.

L’écoute de témoignages d’autres migrants peut permettre à des  primo-arrivants allophones – fréquemment tenus de relater le périple qui les a menés à l’exil, que ce soit face aux autorités ou dans leur nouvel environnement – de pouvoir mettre des mots sur leur propre vécu.

Via un court débat sur le ou les objets que l’on emporte quand on quitte son pays, certains As prendront juste position sur un comportement qui n’est pas le leur et auront ainsi une parole distanciée sur un fait lié à l’exil. En revanche, certains relieront d’emblée les propos du personnage à leur histoire personnelle. Bref, ici chacun est libre de se raconter ou pas.

Pour aller plus loin :

– RICOEUR, P., Temps et Récit III, Paris, Editions du Seuil, 1985.