Passé – 2 – Activité 30

Dans les années soixante, deux philosophes du langage, John Langshaw AUSTIN et John. R. SEARLE donneront naissance au concept de pragmatique. Le mot grec pragma signifie « action ».  La pragmatique, c’est la partie de la linguistique qui traite du langage associé à son utilisation et à l’action.

Pour la pragmatique, le langage est action et le discours est la mise en acte(s) de la langue. En prenant la parole, j’informe ou j’ordonne, j’explique ou je demande, je félicite ou j’injurie, je promets ou j’argumente, etc., bref, j’agis. Par conséquent, « dire, c’est faire »,  et ma parole a des effets : elle ennuie ou enthousiasme, fait faire ou empêche de faire, convainc ou irrite. Par la parole, l’individu s’affirme comme être social et sa parole est un moyen d’action sur l’autre.

Le concept d’actes de parole a été repris par les approches communicatives d’enseignement des langues pour lesquelles il s’agit d’apprendre aux As à développer des savoir-faire langagiers à partir de situations de communication effectives (demander un renseignement, exprimer son désaccord…).

Dès lors, enseigner le classement des énoncés d’une langue doit s’opérer sur la base de leur valeur pragmatique, en regroupant celles qui partagent la même fonction du point de vue de l’intention de communication.

Cette approche ne rejette pas les apports d’une explication plus grammaticale et syntaxique de la langue, mais elle permet à l’apprenant de se situer d’emblée dans la communication et de relever les structures syntaxiques qui lui serviront pour s’exprimer dans une situation de communication donnée.

Pour aller plus loin :

– BÉRARD, Évelyne, L’approche communicative, Paris, Clé international, 1982.

– ROBERT, Jean-Pierre, Dictionnaire pratique de didactique du FLE. Edition revue et augmentée, Éd. Ophrys, 2008.

– BILLIÈRES, Michel, https://www.verbotonale-phonetique.com/actes-de-langage-enseignement-fle