Débattons – 2 – 1

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Objectifs

  • Anticiper les arguments que l’on peut opposer à avis différent du sien
  • Rechercher des arguments pour ou contre l’instauration d’un uniforme à l’école

Les élèves sont invités à lire la lettre suivante écrite par une jeune fille de 13 ans. Il s’agit d’une proposition à débattreLe  système scolaire, en Belgique francophone, invite fréquemment les élèves à prendre la parole et à argumenter : en sciences, pour justifier des hypothèses ; en citoyenneté, pour débattre d’un sujet de société ; en français langue première, où le débat argumenté est un genre textuel travaillé en classe. On attend des élèves qu’ils s’expriment de manière intelligible et intelligente, car ils ont dû apprendre à le faire dès la maternelle.
Les élèves sont ici confrontés à un usage de l’argumentation qui les invite à prendre position sur un sujet donné sans qu’ils ne disposent, au départ, d’informations sur le sujet fournies par l’enseignant. Cette démarche est notamment pratiquée en éducation à la philosophie et à la citoyenneté.
Or il n’est pas demandé dans tous les systèmes scolaires d’être aptes à argumenter oralement sur un sujet, certaines cultures scolaires favorisant davantage une relation au savoir où les élèves prennent peu la parole.  Dans certaines cultures, prendre la parole sans avoir la certitude que ce que l’on va énoncer est correct est très mal perçu. Si on ne sait pas, on se tait de crainte de perdre la face devant autrui et surtout devant l’enseignant. Dans certains systèmes éducatifs, l’enseignement se fonde sur des principes tels que le travail presque exclusif de la langue écrite, l’imitation comme méthode d’apprentissage, la restitution de savoirs sous le contrôle de l’enseignant, la récitation de textes mémorisés, l’absence d’interactions entre élèves. Dès lors, les activités de classe ne mobilisent pas des comportements d’initiatives et des tâches de production.
Ici, les élèves doivent donc comprendre - et accepter ! - qu’il leur est demandé de se positionner alors qu’ils ne disposent pas nécessairement de tous les éléments pour le faire.  Dans une classe Daspa, la prise de risque lors d’interventions orales est inévitable. Elle permettra aux enseignants d’ajuster leur enseignement en fonction des difficultés et réussites relevées et aux élèves de prendre conscience de la valeur formative de l’erreur.
Pour aller plus loin :
- BOUVIER, B., (2002) « Apprenants sinophones et place de la parole dans la classe de FLE », Études de linguistique, n°126,  pp. 189-199.
- ALEXANDER, R. (2009). « De l’usage de la parole en classe », Revue internationale d’éducation de Sèvres, 50, pp.  35-47.
- ROBERT, J.-M. (2009), Manières d’apprendre. Pour des stratégies d’apprentissage différenciées, Paris : Hachette-Français langue étrangère.

— Myriam Denis
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La classe est divisée en groupes de 4 élèves. Deux groupes doivent trouver des arguments en faveur de l’uniforme et les deux autres groupes cherchent des arguments contre l’uniforme. À un moment, chaque groupe peut envoyer un ambassadeurVia l'interaction, les élèves s'approprient des formulations linguistiques, négocient le sens et construisent ensemble leur savoir dans la langue cible. Il peut, en outre être plus sécurisant, pour certains élèves plus introvertis ou timides de s'exprimer au sein d'un groupe restreint plutôt que devant l'enseignant et l'ensemble de la classe.
Le principe de l'ambassadeur envoyée dans une autre groupe pour récolter des informations s'inspire de techniques de gestion de groupes qui dynamisent la classe, rend les élèves acteurs de leur apprentissage et plus autonomes.
Le fait de devoir récolter des informations opposées à celle que l'on doit construire aide à envisager la problématique dans une vision plus large du réel et à mieux saisir la force d'un argument. Car si l'on connait la critique que l'on peut opposer à un argument, on peut soit facilement l'intégrer partiellement et chercher une issue à une situation conflictuelle, soit le combattre plus efficacement.

— Myriam Denis
dans un groupe qui défend l’avis opposé pour connaitre leurs arguments. De retour dans le groupe, il communique à ses pairs les arguments récoltés et le groupe tente de répondre à ces arguments.

Chaque groupe présente ensuite ses arguments qui sont notés dans deux colonnes : pour – contre. Si un autre groupe a un même argument, il l’indique et, collectivement, on choisit la formulation la plus percutante. On obtient ainsi la liste des arguments pour l’ensemble de la classe.

 

Supports didactiques

  • Lettre
  • Tableau