Débattons – 3 – 20

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L’enseignant place les élèves en groupes (maximum quatre élèves par groupe).  Chaque groupe reçoit un thème.  Variante : le débat peut se faire avec toute la classe si l’enseignant estime que ce sera plus porteur.

Les élèves proposent des thèmes de débat sur lesquels ils souhaitent donner leur avis.

Exemples de thèmes possibles, en cas de manque d’idées.

– Faut-il interdire les trottinettes ?

– Faut-il interdire les vêtements de marque à l’école ?

– Faut-il interdire les brouilleurs d’ondes dans les écoles ?

– Faut-il manger dans les fast-foods ?

 

Les élèves doivent au préalable définir des opinions différentes au sein du groupe et disposent de temps pour préparer leur débatLa prise de parole en classe et les interactions en classe ne sont pas valorisées dans toutes les cultures. De nombreuses recherches ont montré que, pour certains élèves, la prise de parole spontanée était difficile, car peu présente dans la culture scolaire antérieure. Dès lors, faire préparer l'intervention en sous-groupes et accompagner les élèves en amont permet de les encourager à prendre la parole dans un climat plus sécurisé

— Myriam Denis
. Ils viennent ensuite le produire devant la classe.

Lors du débat, l’enseignant joue le rôle du modérateur.

– Il ouvre le débat en exposant et en délimitant la question.

– Il régule le débat en rendant cette structure visible : il donne la parole, reformule, recentre le débat, relance certains participants, résume.

– Il clôt le débat éventuellement en redonnant la parole à chaque débatteur ou en synthétisant.

Le débat est enregistré. L’enseignant peut sélectionner certains moments qui seront ensuite visionnés et commentés par les élèves.

 

Le débat peut faire l’objet d’une évaluation formativeL'évaluation du débat est complexe. D'une part, il s'agit d'évaluer individuellement chaque élève. Mais chaque élève est tributaire de la prestation des autres. Par ailleurs, le débat mobilise des compétences variées dans l'utilisation du discours argumenté. L'évaluation doit donc porter essentiellement sur les dimensions travaillées en classe et les progrès observés. Elle est essentiellement formative. On peut aussi envisager d'évaluer le groupe de débatteurs et la qualité de leur débat plutôt que les prestations individuelles.

— Myriam Denis
ou sommative si l’enseignant le juge opportun. Cette évaluation peut être réalisée sous forme d’autoévaluationL'autoévaluation est un moyen qui consiste en une réflexion la progression des apprentissages effectuées et une prise de conscience des compétences acquises. La grille proposée ici peut être ajustée et croisée avec les grilles d'autoévaluation proposée dans le portfolio européen des langues (https://www.coe.int/fr/web/portfolio/speaking).
L’autoévaluation responsabilise l'élève et le prépare à une rétroaction par les pairs ou par l'enseignant (Dumais et Lafontaine, 2014).

— Myriam Denis
par l’élève lui-même, ensuite en co-évaluationL'évaluation avec les les pairs se fait après une autoévaluation. Le regard des pairs permet d'avoir un retour sur sa prestation et de comprendre comment elle a été perçue. Afin d'aider les élèves à mener cette co-évaluation dans la bienveillance, il est utile de leur donner des instructions pour qu'ils recueillent des éléments valorisants (réussites en fonction des pratiques menées au cours) et qu'ils donnent un ou deux conseils  d'amélioration.

— Myriam Denis
avec un pair, puis commentée et ajustée par l’enseignantLors de la rétroaction qu'il fournit l'enseignant peu souligner les forces et les réussites et proposer des pistes d'amélioration. Il peut susciter le débat en faisant valoir ce qui a évolué, ce dont les élèves ne sont peut-être pas conscients. Il suscitent ainsi chez les élèves des attitudes métacognitives.

— Myriam Denis
.

Les évaluations diverses peuvent être indiquées dans une grille d’évaluationLa grille d'évaluation est indispensable car elle permet de décrire à partir de critères précis et d'indicateurs observables les apprentissages effectués. Différents types de grilles d'évaluation de l'oral sont proposées par Veltcheff et Hilton (2003)  pour le FLE  et  G. Chambonnière (2022) pour le FLM.
La grille proposée ici est inspirée des travaux de L. Barbé, M. Denis et M. Melebeck qui ciblent spécifiquement les élèves de DASPA. La particularité de cette grille est de combiner les compétences communicatives attendues dans le cadre de l'apprentissage d'une langue étrangère (compétences linguistiques, discursives, sociolinguistique, interculturels et stratégiques) et les compétences attendues en langue première (où interviennent des critères portant sur les niveaux macrostructurels - liés au genre et à l'intention de communication - et microstructurels - canal de communication.
Elle propose à l'élève d'être attentif à des qualités (des critères) et des indices observés (des indicateurs, c'est-à-dire des signes observables grâce auxquels on peut constater que la qualité exprimée dans le critère est bien rencontrée).
 
Pour aller plus loin :
- VELTCHEFF, C., Hilton, S., L'évaluation en FLE, Paris, Hachette, 2003.
- GAGNON, R., BATLLE-BOURHIS, V., et BOURDAGES, R. (2019). Oral et évaluation : se sortir d’une dualité contradictoire ? Pratiques, 183-184.
- CHAMBONNIÈRE, G., L'oral au coeur des apprentissages. Pistes pour enseigner l'oral sous toutes ses formes, ESF Sciences humaines, 2022.
- BARBÉ, L., DENIS, M., MELEBECK, M., Pistes pour une évaluation en DASPA. En lien avec les pistes de progression, Éditions du CAF, Tihange, 2024.

— Myriam Denis
. Cette grille peut avoir été progressivement construite durant la séquence par l’enseignant et les élèves et être ainsi évolutive.

Exemple de grille d’évaluation