Ecole – 2.9 – C0 – CE
Objectifs
- Dégager des variantes morphologiques concernant l'indicatif présent, à partir de la perception à l'oral
- établir des liens entre l'oral et l'écrit
L’enseignant fait observer les panneaux affichés. Il relit, à haute voix, certaines parties de phrases et demande aux As de bien écouter les différences.
Par exemple,

Les As travaillent en sous-groupes. Ils sont invités à classer les formes en deux groupes. Ils ne doivent pas classer les formes en fonction du déterminant (un / les), mais en fonction de la forme du verbe. L’enseignant prépare des bandelettes préalablement afin de faciliter l’activité ainsi que la correction. Il guide les As en répétant ou en faisant répéter les formes pour amener les As à classer les formes verbalesOn classe traditionnellement les verbes en trois groupes selon la terminaison de l’infinitif et la morphologie du participe présent : le 1er groupe comprend les verbes en -er ; le 2e groupe les verbes en -ir et ayant l’infinitif présent en -iss- (finir); le 3e groupe les autres verbes en -ir (cueillir, partir), les verbes en -oir (recevoir) ou en -re (rendre). Ce classement a été fréquemment critiqué. Ainsi le 1er groupe, présenté comme le plus régulier, comprend 90% des verbes de la langue française et en engendre régulièrement de nouveaux (débudgétiser, surfer…). La plupart des formes pour les verbes de ce groupe sont les mêmes ; or elles sont répertoriées dans des classes morphologiquement différentes, comme le sont une dizaine de verbes tout à fait irréguliers. Quant au 3e groupe, il constitue un fourre-tout assez hétéroclite.
Les formes verbales se composent d’un lexème (ce qui revoie au vocabulaire), appelé radical ou base, et d’un plusieurs morphèmes grammaticaux, appelés terminaisons ou désinences. Lorsqu'on analyse ces formes, on observe de nombreuses récurrences qui permettent de les classer de manière beaucoup plus systématique, notamment au niveau des désinences. La difficulté réside essentiellement dans la forme variable du radical. En effet, cette base lexicale varie, notamment pour les verbes les plus fréquents. La tradition scolaire parle de verbes irréguliers mais cette appellation ne permet pas aux élèves de les comprendre.
Pour l’apprenant allophone, la difficulté, consiste à trouver la forme morphologique adéquate. Dès lors, il convient de lui procurer des techniques pour construire ces formes en s’appuyant notamment sur un classement lié aux formes orales. L’enjeu pédagogique consiste dès lors à prendre en compte le lien entre le code oral et le code écrit pour permettre aux élèves de repérer les récurrences de formes et de se les approprier.
Afin d'éviter un classement par groupes inopérant, il est donc plus efficace d'amener les As à repérer la distinction entre les formes du singulier et du pluriel de l'indicatif présent, en partant de l'oral. Les As sont ainsi invités à distinguer les verbes où des formes différentes s'entendent ou ne s'entendent pas à l'oral. C'est seulement ensuite que l'enseignant mettra ces formes en relation avec l'écrit. De la sorte, les As pourront s'approprier plus aisément la morphologie du présent et éviteront une prononciation erronée de ces formes.
Il est à noter que, par la suite, pour plusieurs autres temps verbaux (indicatif imparfait, impératif présent, subjonctif présent), les apprenants pourront s'appuyer sur les formes de l'indicatif présent pour construire leurs formes.
Pour aller plus loin :
- LE GOFFIC, P., Les formes conjuguées du verbe français oral et écrit, Paris, Ophrys, 1997.
- CHARLES, P., Conjuguer ? Oui, mais autrement, Éd. Labor Éducation, Namur, 2011.
- SURCOUF, C., "L’enseignement et l’apprentissage de la conjugaison en FLE: comment réduire les difficultés engendrées par l’orthographe?", Travaux neuchâtelois de linguistique, 2011.
— Myriam Denis de la sorte :

Supports didactiques
- Variantes morphologiques
- Classement des formes


