écritures – 1 – 3
Objectifs
- Dégager la trame narrative d’un court récit
- Inférer le sens de certains mots en fonction du contexte
La séquence propose différents extraits littérairesLe choix de ce sujet vise à rapprocher les As d’auteurs et de textes qui font écho à leur propre relation à la langue française et aux processus d’apprentissages qu’ils vivent également. Les textes donnent à voir des exemples de mises en récits de situations vécues, puisque beaucoup de ces textes sont issus de romans souvent autobiographiques. Confronter les As à des personnes non-francophones qui sont devenues écrivains et qui mettent en scène leurs parcours d’apprentissage peut permettre une forme d’identification, souvent considérée comme une des conditions du processus de lecture. Par ailleurs, ces écrivains réfléchissent sur la langue, la poussent dans ses retranchements parfois, et montrent concrètement comment le texte littéraire se caractérise par ce souci de l’auteur d’explorer le matériau linguistique.
Les textes littéraires servent aussi de déclencheurs à l’écriture. Il ne s’agit pas ici de confronter les As à des genres littéraires précis mais de leur proposer des écrits qui leur ouvrent des territoires. Convoquer ces textes peut les aider à mettre en mots leurs propres micro-récits et à, progressivement, faciliter le surgissement d’une écriture personnelle et créative.
Pour aller plus loin
BOURVON, M.-F., RICHARD, É., « Un corpus d’apprentissage pour la didactique du FLE ou comment apprendre de l’apprenant », in DUFFE MONTALVAN, A. L., DROUET, G., AR ROUZ, D. L’apprenant dans l’enseignement et l’apprentissage des langues, EME Éditions – Éditions L’Harmattan, Paris, 2022.
BON, F., Tous les mots sont adultes. Méthode pour l’atelier d’écriture, Paris, Fayard, 2005.
— Myriam Denis dont le thème est la relation à la langue française.
Dans cette activité, les As sont invités à lire un premier extrait littéraire relatant un malentendu lié à une erreur de langue. Ils sont ensuite amenés à parler de difficultés du même ordre qu’ils ont pu rencontrer. L’erreur évoquée ici résulte d’un problème de prononciationLe mot tabrisi est erroné parce qu’il résulte d’un problème de prononciation. En arabe, il est fréquent de confondre les phonèmes /e/, /ɛ/, /i/ souvent ramenés à une seule et même voyelle /i/, car le système phonologique arabe comprend peu de voyelles. Par ailleurs le phonème /p/ n’existe pas en arabe. C’est pourquoi il est ici ramené à /b/. Les erreurs phonologiques proviennent d’une surdité phonologique : les As ne perçoivent pas certains phonèmes qui n’existent pas dans leur langue. Le père de l’auteur a sans doute appris le français de manière directe sans bénéficier d’un enseignement spécifique. Il prononce donc les mots comme il les perçoit, à travers son propre filtre phonologique. Pour travailler la prononciation, la méthode verbo-tonale constitue une technique efficace, car elle travaille sur la perception et toujours en contexte.
Pour aller plus loin
INTRAVAIA, P., Formation des professeurs de langue en phonétique corrective. Le système verbo-tonal, 2e édition mise à jour, CIPA, Mons, 2019.
Au son du FLE : https://www.verbotonale-phonetique.com/
— Myriam Denis.
I. Les As lisent individuellement un premier extrait issu du roman d’Azouz Begag. L’enseignant vérifie leur compréhension via des questions auxquelles ils répondent individuellement.
- Que doit faire Aziz ?
- Pourquoi l’auteur écrit-il « birou taba » ?
- Que demande Azouz au bureau de tabac ?
- Quel est le problème ?
- Comment le problème est-il résolu ?
- Pourquoi est-ce que le buraliste rit ?
La correction est collective.

Corrigé
- Que doit faire Aziz ? Acheter quelque chose pour son père au bureau de tabac.
- Pourquoi l’auteur écrit-il « birou taba » ? Il imite la prononciation de son père.
- Que demande Azouz au bureau de tabac ? Du tabrisi.
- Quel est le problème ? Le vendeur ne connait pas le produit demandé par Azouz.
- Comment le problème est-il résolu ? Azouz décrit ce qu’il veut et le buraliste comprend.
- Pourquoi est-ce que le buraliste rit ? Le texte ne le dit. On peut induire qu’il rit de la mauvaise prononciation du mot « tabac à priser » et/ou de la situation.
II. Les As sont invités à reformuler l’anecdote« Petite aventure vécue qu'on raconte en en soulignant le pittoresque ou le piquant » (https://www.cnrtl.fr), l’anecdote, qui vise à susciter un affect chez le récepteur, constitue un récit minimal adapté pour travailler une forme de schéma narratif. L’anecdote s’ancre dans le quotidien et met en scène un moment de rupture de ce quotidien. Pour E. Kavian, l’écriture de l’anecdote impose d’observer « ce que l’on ne prend pas le temps de regarder » et de faire preuve de concision et de précision.
Pour aller plus loin
KAVIAN, E., Écrire et faire écrire. Manuel pratique d’écriture, Bruxelles, De Boeck et Larcier, 2007.
— Myriam Denis en utilisant le plan suivant :
- La situation de départ
- Le problème à résoudre
- La formulation de la demande
- Le malentendu
- La résolution du problème.
Corrigé
- La situation de départ : Le père d’Azouz l’envoie faire un achat au bureau de tabac.
- Le problème à résoudre : Azouz demande à son père comment se dit le mot en français et son père lui dit « tabrisi ».
- La formulation de la demande : Azouz demande un produit, le tabrisi.
- Le malentendu : le buraliste ne connait pas ce produit.
- La résolution du problème : Azouz décrit le produit et le buraliste comprend et rit, car la prononciation n’était pas correcte.
III. Les As sont ensuite invités à réfléchir à un ou des situation(s) vécue(s) par eux-mêmes ou par une personne allophone qu’ils connaissent, lors de laquelle ou desquelles la personne s’est retrouvée incomprise en raison d’une prononciation peu claire.
Chacun relate oralement l’anecdote. Les autres apprenants peuvent poser des questions s’ils souhaitent des éclaircissements.
Supports didactiques
- Texte


