Objet-2-12-PO

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Objectifs

  • Débattre
  • Faire part de sa position

Les As sont invités à prendre position sur les raisons invoquées par M. Toukas pour justifier le fait de garder un objet qui vient de sa culture. Le débat se fait collectivement. L’enseignant accueille la parole des As. C’est un moment de partage et de débat autour d’un témoignage de migrationLe témoignage, consiste en une mise en récit de faits vécus. Mettre en récit suppose une capacité à structurer une succession d’événements qu’on agence de manière à construire un ensemble signifiant. Comme le dit Jean-Louis Dumortier, « Le récit, par le truchement de la mise en intrigue, met en ordre, donne figure intelligible au continuum de faits, d’incidents qu’est la vie non racontée. Avant le récit, ce-qui-arrive est profusion et confusion ; avec le récit, ce chaos s’ordonne en une histoire pourvue d’un début, d’un milieu et d’une fin, intelligible, disponible pour l’échange, pour le dialogue avec l’auditeur ou le lecteur. »
Tout comme le récit de vie, le témoignage est une reconstruction subjective et arbitraire, puisque la vie n’est pas une histoire mais un mélange de hasards et de nécessités, de faits mis bout à bout qui n’ont pas nécessairement de liens entre eux. Le témoignage est forcément le fruit d’un angle de vue qui ne peut tout englober, puisque le narrateur n’est pas omniscient. Le témoin certifie l’authenticité de ses dires par le fait qu’il était présent, mais l’auteur peut décider d’accentuer tel ou tel fait, choisir tel ou tel point de vue, taire ou mettre en avant certaines circonstances, motifs ou buts. L’auteur du témoignage peut choisir d’orienter son récit en fonction de valeurs implicites ou explicites. Enfin, la mise en récit suppose l’existence d’un système temporel qui nous permet de situer les actions les unes par rapport aux autres.
Le philosophe Paul Ricoeur considère le témoignage comme la recherche d’un sens, reconstruit a posteriori, à partir de traces. Mettre en récit des moments de sa vie, c’est mettre en perspective ce qui nous entoure, c’est chercher à comprendre les actes, les événements humains en les organisant, c’est mettre l’accent sur la capacité des êtres humains à modifier le cours des choses, à agir sur les événements, à être transformés par eux. C’est aussi s’interroger sur ce qui permet d’expliquer un comportement humain et sur les faits vécus. Mettre en mots une succession de faits, les articuler, c’est obligatoirement construire des significations pour soi-même, c’est aussi construire pour soi-même du savoir.
Écouter des témoignages authentiques sur des réalités culturelles et sociales vécues par d’autres personnes qui ont vécu la migration permet de susciter l’intérêt des apprenants. Les informations qu’ils en retirent peut leur permettre de pouvoir mettre des mots sur leur propre vécu.
Par ailleurs ces témoignages permettent de susciter leur curiosité et les incite à les analyser pour mieux les comprendre.
Certains As prendront juste position sur un comportement qui n'est pas le leur et auront ainsi une parole distanciée sur un fait lié à l'exil. En revanche, d’autres relieront d'emblée les propos d'une autre personne à leur histoire personnelle. Bref, chacun est libre de se raconter ou pas.
Pour aller plus loin :
- RICOEUR, P., Temps et Récit III, Paris, Editions du Seuil, 1985.
- DUMORTIER, J.-L., Écrire le récit, Bruxelles, Deboeck-Wesmael, 1989.

— Myriam Denis
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À la fin du document, M. Toukas dit :

« Partout où on va, il faut avoir quelque chose de chez soi. Cet objet nous relie à notre culture. C’est un symbole important. »

– Que pensez-vous de cette idée?

– Êtes-vous d’accord ?

– Faut-il garder des objets de son pays d’origine ?