Nous lisons et construisons des comptes rendus

Descriptif

Cet atelier est issu des séquences Compte rendu

  • Public

    Adolescents
  • Niveau

    A.2.1
  • Activités

    6
  • Objectifs généraux

    • Relever des formes de définition des termes scientifiques dans les textes de vulgarisation
    • Relever des variations lexicales
    • Mettre en texte les expériences menées en classe
    • Planifier la mise en écriture
    • Rédiger un texte intermédiaire
    • Réviser son texte
    • Relater des actions effectuées précédemment lors de l’expérience réalisée en classe
    • Utiliser le passé composé dans une nouvelles situation
    • Comparer deux comptes rendus d’expérience
    • Relever des différences liées à la structure du texte et à l’énonciation
    • Relever des différences liées à l’énonciation et à la précision du lexique

Tableau de contenus

Composantes linguistiques

  • Le passé composé
  • Les articulateurs temporels
  • Les verbes remplaçant les verbes passe-partout
  • Le lexique scientifique

Actes de parole

  • Relater des actions passées
  • Structurer ses idées
  • Reformuler

Genres discursifs

  • Le compte rendu d'expérience

Composantes socioculturelles

  • La formulation scientifique

Déroulement

    Situation mobilisatrice La situation mobilisatrice correspond à une phase de sensibilisation à travers laquelle l’enseignant suscite la motivation face à la tâche à venir, cible à atteindre. À ce stade, il veille à créer un climat propice à l’apprentissage, en partant de ce que les apprenants connaissent déjà, et à diriger leur attention vers l’objet d’apprentissage.

    La situation mobilisatrice permet à l’enseignant de vérifier ce que les apprenants ont acquis mais aussi d’identifier les manques. De par la confrontation des différents apports des apprenants, de nouvelles notions peuvent être amorcées et donner l’envie aux As d’aller plus loin.
    Observation L’étape d’observation a pour but d’exposer les apprenants à des échantillons de langue. L’apprenant s’imprègne – via l’audition d’un document sonore ou via la lecture d’un document écrit – de structures linguistiques, de points grammaticaux, d’un lexique nouveau, d’éléments culturels ou de schémas textuels. Face à cet échantillon de langue, l’apprenant est bien entendu actif. Il construit progressivement du sens grâce à plusieurs écoutes ou lectures et grâce aux différentes techniques de réception mises en place dans les activités de compréhension. Lors de cette étape, des objectifs d’apprentissage ciblés sont travaillés afin d’outiller les apprenants en vue de la réalisation de la tâche finale.
  • Cette séquence contient
    16 activités

Activité 1 : Expériences – 2 – 11

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Objectifs

  • Relater des actions effectuées précédemment lors de l’expérience réalisée en classe
  • Utiliser le passé composé dans une nouvelles situation

Les élèves sont invités à reprendre leur séquentiel réalisé pour l’expérience 1 : la germination. Ensemble, ils miment ce qu’ils ont fait lors de cette expérience.

En sous-groupe, ils préparent le texte oral au passé composé qui accompagne le mime. Ils doivent utiliser la structure : on a préparé / on a mis / etc. Chaque groupe vient mimer et dire les actions réalisées devant la classe. Aucun texte ne peut être lu.

L’enseignant peut ensuite demander aux élèves de vérifier si leur description est claire pour quelqu’un qui n’a pas vécu l’expérience. Les élèves revoient leur petit récit avec cette contrainte.

Ensuite, l’enseignant peut inviter en classe un ou des destinataires qui n’ont pas vécu l’expérience (éducateur, autre enseignant, élèves d’une autre-classe, étudiant stagiaire…) et qui écoutent la présentation des élèves et posent des questions s’ils ne comprennent pas.

Cette activité oblige les élèves à modifier certains paramètres énonciatifs
Tout émetteur peut ancrer son discours dans le temps et dans l’espace de la situation de l’énonciation (ici / maintenant) ou, au contraire, dissocier son discours de l’ancrage spatio-temporel de production de celui-ci (il / là / ce jour-là). Dans le premier cas, on parle alors d’énonciation de proximité (ancrage conjoint) et dans le second, d’énonciation distanciée (ancrage disjoint).
L’enseignement du FLE se concentre au départ davantage sur l’oral et sur des mises en situation, concrètes et contextualisées, le passage à un langage plus décontextualisé sera une des difficultés que l’élève allophone aura à surmonter. Ces difficultés ne seront pas que linguistiques et locales (lexique, syntaxe) mais aussi discursives. En effet, ce sera à travers des tâches langagières spécifiques (définir, rapporter du discours, justifier, narrer, expliquer…) que l’élève devra apprendre à maîtriser des configurations d’éléments linguistiques plus ou moins codés et propres à certains types de discours présents dans le cadre scolaire ou social.
Modifier les paramètres énonciatifs signifie travailler sur la variation des situations de communication : on part d'une situation de communication déjà connue mais on modifie certains éléments (passage d'un présent à un passé, passage du je au il ou elle, etc.). En modifiant les paramètres de la situation de communication (destinataire présent où absent au moment des faits racontés, destinataire unique et connu ou destinataires multiples et inconnus, passage d'un genre discursif à un autre...), on permet à l'apprenant de prendre conscience que l'on s'exprime différemment selon la situation spatio-temporelle et le contexte de l'échange. De cette manière, les élèves sont amenés à utiliser, à l'oral, des normes davantage liées à l'écrit.
Ce travail passe par des reformulations importantes. Ce sera surtout grâce à la fréquence et à la régularité de ce travail à l'oral, portant sur des activités bien définies (reformuler, récapituler, résumer, etc.) qu'un apprentissage de cette langue plus distanciée peut se faire.


— Myriam Denis
en utilisant des déictiques (ce jour-là, le jour suivant, etc.), en recourant au passé, en utilisant des organisateurs temporels (d’abord, ensuite, etc.). Ces éléments sont apportés par l’enseignant. De la sorte se construit progressivement un passage d’un discours ordinaire à un discours propre à l’écrit disciplinaire
Ce passage commence par une verbalisation à l'oral d'un français quotidien, passe par le développement de la compréhension de textes modèles, pour aboutir à la capacité de rédiger des textes canoniques attendus, tel le compte rendu. Comme l'indique V. Spaeth, c'est via des formes d'"interdiscours" et des formulations intermédiaires qui vont conduire progressivement vers des formes plus expertes, relevant de l'écrit, que s'opèrent ce passage.
Pour aller plus loin:
- SPAËTH, V., Le français 'langue de scolarisation" et les disciplines scolaires, in CHISS, J.-L., Immigration, école et didactique du français, Éd. Didier, 2008.


— Myriam Denis
.

 

 

Activité 2 : Expériences – 2 -12

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Objectifs

  • Comparer deux comptes rendus d’expérience
  • Relever des différences liées à la structure du texte et à l’énonciation

La classe est divisée en sous-groupes de 3 ou 4 élèves. Les élèves doivent observer deux documents
La culture de l'écrit, particulièrement présente dans la société et à l'école, porte principalement sur la lecture mais aussi sur l'écriture.
Pour une personne qui apprend à lire et à écrire, le passage de l'oral à l'écrit constitue une véritable entrée dans une nouvelle culture. Cette acculturation est, selon les didacticiens, comparable à celle que les sociétés de tradition orale ont dû effectuer au moment de l'émergence des premiers systèmes d'écriture. Ce passage à l'écriture a constitué un saut conceptuel et cognitif capital dans l'histoire de l'humanité. D'où l'idée que l'écriture contribue au développement intellectuel des individus.
Pour les apprenants non francophones, les pratiques de l'écrit demandent un traitement particulier. D'une part, l'approche du texte à lire ou à écrire ne peut s'envisager sans l'acquisition préalable des formes et des usages de base du français à l'oral. L'apprenant devra  disposer d'un lexique suffisant pour pouvoir, à la lecture, construire du sens. D'autre part, il importe qu'il se familiarise avec des attentes spécifiques du rôle de l'écrit, de sa place et de ses formes dans la culture 2.


— Myriam Denis
relatant la même expérience. Ils doivent observer ce qui est commun et ce qui diffère entre les deux comptes rendusL’écriture de compte rendu est utilisée à l’école dans les cours de sciences dont une des compétences du programme mentionne que les élèves doivent être capables de communiquer sur les résultats, les connaissances acquises et la démarche mise en œuvre. Le compte rendu d'expérience est une tâche demandée lors des évaluations en sciences. Les attendus sont que les élèves :
- rassemblent les données collectées en utilisant différents modes de représentation formalisés (tableaux de données, graphiques, modèles…),
- réalisent une trace relative au questionnement de départ, au déroulement de la démarche et à la conclusion en utilisant le support le plus adéquat (dessin, maquette, photo, panneau, rapport d’expérience, support numérique...),
- complètent un rapport d’expérience ou d’observation,
- s’expriment de manière structurée en utilisant une terminologie appropriée à la situation.
Les élèves ne sont pas nécessairement familiarisés à certains genres textuels scolaires. Or ces genres présentent "des caractéristiques communes, plus ou moins marquées" (Beacco, 2012, 118). D'où l'intérêt de travailler ce genre discursif au cours de FLE.
Pour aller plus loin :
BEACCO, J.-C., « Faire réussir dans toutes les disciplines scolaires : les dimensions langagières de l’acquisition des connaissances, In KLEIN, C. Le français comme langue de scolarisation. Accompagner, enseigner, évaluer, se former, Canopé Éditions, 2012.

— Myriam Denis
.

Texte 1

Texte 2

L’enseignant peut poser différentes questions aux élèves qui leur permettent de dégager des ressemblances et des différences et ainsi les aider à développer des compétences en littératieLa «littératie», c'est l'ensemble de ce qui constitue l'expérience du lecteur ou du scripteur en matière de formes et d'usages de l'écrit dans une sphère sociale et culturelle donnée. Les apprentissages scolaires se doivent donc d'être articulés aux dimensions sociales, culturelles et symboliques des pratiques de lecture-écriture. Dans cette optique, la lecture et l'écriture doivent s'envisager de façon conjointe.
La notion de littératie invite aussi à déconstruire des oppositions telles que écrits fonctionnels / écrits littéraire, culture ordinaire / culture lettrée. Car le processus de lecture-écriture est vu comme s'inscrivant dans un continuum, c'est-à-dire un processus dans lequel tant le lecteur-scripteur débutant que l'expert s'engage dans une production de significations visibles et lisibles et dans le respect des contraintes imposées par les codes de l'écrit. Les pratiques sont toujours "perfectibles", car tant le lecteur que le scripteur sont susceptibles d'améliorer leurs compétences bien au-delà de l'école.
Dans la sphère scolaire, l'écrit est un outil de transmission, de construction et d'appropriation des savoirs. Tant en français que dans les autres disciplines, c'est généralement via l'écrit que les savoirs à s'approprier sont structurés et codifiés.
Certains apprenants allophones auront peut-être développé une certaine littératie dans leur pays d'origine. Toutefois, les normes et les exigences qui définissent la littératie peuvent varier selon les pratiques scolaires dans la culture d’origine ; dès lors, les compétences en lecture-écriture risquent d’être assez différentes de celles attendues dans notre système éducatif.

— Myriam Denis
. Les tableaux suivants sont proposés aux élèves et vont progressivement être remplis. Ils servent de guide pour analyser des modèles liés au genre travailléLa démarche est ici d'exposer les élèves à des textes qui constituent des exemples de modèles et de les aider à repérer les caractéristiques du genre de texte attendu.  Certains traits linguistiques, la structure du texte, la relation scripteur/lecteur et le style sont des éléments qui peuvent être analysés. On relèvera ce qui est récurrent dans ce genre scriptural. Relever ces caractéristiques permet aux élèves d'être ensuite accompagnés dans le processus d'écriture et de mettre en lumière des choix stylistiques et rhétoriques privilégiés en français, peut-être différents de ceux qu'ils ont pu acquérir dans leur langue d'origine.

— Myriam Denis
.

Tableau 1

 

Tableau 2

 

Une première question peut être la suivante : Les textes 1 et 2 parlent-ils des mêmes expériences ou d’expériences différentes ?

 

Pour aider les élèves à répondre à cette question, l’enseignant attire l’attention sur le paratexte via une lecture balayage.

– Ne lisez pas tout le texte, mais regarder les éléments suivants dans le texte.

– Quel est le titre de chaque texte ?

– Y a-t-il des sous-titres dans le texte 1 ? Et dans le texte 2 ?

– Y a-t-il des schémas ?

– La question de départ est-elle la même ? Ici on peut faire observer aux élèves que la question est la même au niveau du contenu mais différente au niveau de la forme.

– La conclusion du texte est-elle la même au niveau du contenu ?

 

À l’issue, de ce survol du texte, les élèves peuvent émettre des hypothèses pour répondre à la question. Les expériences décrites semblent être les mêmes.

 

Une seconde étape peut être de demander aux élèves de repérer de quoi parle chaque partie du texte via une lecture globale. À ce niveau, le plan de chaque texte peut être dégagé. On confirme ainsi l’hypothèse de lecture (les expériences décrites dans les deux textes sont les mêmes) et on observe que le plan du texte est identique, même en l’absence de sous-titres.

 

La troisième étape consiste à lire plus attentivement chaque partie et à repérer ce qui change au niveau de la formulation. L’enseignant fait repérer les emplois du passé composé et d’articulateurs temporel et d’un connecteur marquant la conséquence.

– Quel est le texte qui montre que l’expérience est passée ? Pourquoi ?

– Y a-t-il des mots qui indiquent l’ordre des activités faites pendant l’expérience ? C’est le cas dans le second texte.

La question de départ n’est pas formulée de même manière.  Qu’est-ce qui change ? (point d’interrogation, si, phrase plus longue et moins directe).

 

Exemples de tableau qui peuvent être dégagés

 

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