Les As vont lire un extrait de Tenir sa langue, roman de Polina Panassenko.
1) L’enseignant utilise le dévoilement progressifPour J.-L. Dufays, le dévoilement progressif peut s’opérer sur un texte « doté d’un contenu énigmatique apte à susciter la curiosité ou le suspense ». Le procédé consiste à le « couper aux endroits où le suspense ou la curiosité sont suscités au maximum et qui précèdent une surprise, une rupture ou une évolution nouvelle ». Devoir résoudre des énigmes motive les As, les met en situation de recherche et stimule leur activité mentale. Ce processus stimule aussi l’affectivité, car le lecteur s’identifie au personnage et à sa quête.
Ce dispositif est préconisé, pour des élèves du secondaire en français langue première, sur des textes complets quoique courts (nouvelles, contes). En Fle, ce procédé peut fonctionner sur des textes bien plus courts encore.
La lecture en FLE est souvent plus laborieuse, car le lecteur prend plus de temps que dans sa langue première pour déchiffrer le texte et il a tendance à lire de façon linéaire. En outre, sa mémoire à court terme ne parvient pas toujours à pratiquer des tâches plus complexes, comme la reconnaissance des relations qu’entretiennent les mots entre eux, ce qui empêche le lecteur de saisir la trame sémantique. À l’opposé, d’autres apprenants ne ralentissent pas leur vitesse de lecture. Ils parcourent rapidement le texte, sautent des mots, voire des passages, si bien que le sens leur échappe également. Dès lors, adapter le procédé du dévoilement progressif permet de ménager des pauses dans la lecture tout en maintenant alerte l’attention au texte et à son contenu.
Pour aller plus loin :
DUFAYS, J.-L., « De la tension narrative au dévoilement progressif : un dispositif didactique pour (ré)concilier les lectures du premier et du second degrés », Études de Lettres – Les passions en littérature, 1 | 2014, p. 133-150.
— Myriam Denis pour amener les As à entre progressivement dans le texte. Les As doivent lire uniquement les quatre premières phrases :
« On passe à table. La boîte noire au centre m’intrigue. On dirait un outil de travail de mon grand-père à la datcha. Chez nous, ma mère n’aurait pas autorisé qu’on le pose sur la nappe. ». Le texte est soit lu par l’enseignant, soit il est projeté.
Les As doivent émettre des hypothèses sur l’objet et tenter de deviner de quel objet il s’agit. Ils font des propositions.

2) Les As lisent la suite du texte jusqu’à « Moi je ne bouge pas » :
« On passe à table. La boîte noire au centre m’intrigue. On dirait un outil de travail de mon grand-père à la datcha. Chez nous, ma mère n’aurait pas autorisé qu’on le pose sur la nappe. Maurice nous le présente. Il commence par distribuer à tout le monde une minipelle et un petit bout de bois. J’adore avoir ma propre minipelle. Je ne sais pas encore à quoi ça sert mais quoi qu’il arrive, j’adore. Ensuite, Maurice dépose un carré jaune mou sur ma minipelle et le fait disparaître dans la boîte noire. Colette en fait autant. Puis mes parents et ma sœur. Moi je ne bouge pas. »
Ils doivent ajuster leurs hypothèses.
3) Les As lisent la suite du texte pour vérifier si leurs hypothèses se confirment ou pas.